Qui est riche et qui est pauvre en France ?

Print Friendly, PDF & Email

Un article publié le 10 mai 2011 sur le site l’Observatoire des inégalités

Pour la première fois, l’Observatoire des inégalités publie des données détaillées par type de ménage indiquant les frontières des niveaux de vie entre les pauvres, les couches moyennes et les catégories aisées. Nous utilisons les données 2008 de l’Insee, obtenues à partir des déclarations d’impôts. Les montants indiqués sont des revenus mensuels nets, après impôts directs et prestations sociales.

 Le seuil de pauvreté

Une personne seule est considérée comme pauvre quand elle vit avec moins de 715 euros mensuels, un couple sans enfant avec moins de 1 360 euros et un couple avec deux enfants avec moins de 1 820 euros. Les personnes pauvres sont toutes celles qui vivent avec moins de la moitié du niveau de vie médian [1], une définition plus restrictive que la norme la plus fréquemment utilisée de 60 % du niveau de vie médian.

En reprenant la typologie réalisée par le Crédoc (lire en ligne), nous considérons comme « populaires » les catégories qui disposent des 30 % des revenus les plus faibles. Elles touchent au maximum 1 160 euros mensuels pour une personne seule, 2 170 euros pour un couple sans enfant et 3 060 euros pour un couple avec deux enfants. On qualifie d’« aisés » ceux qui se situent parmi les 20 % les plus riches, soit respectivement 2 130, 4 070 et 5 170 euros. Les classes moyennes s’étendent entre les limites des catégories populaires et aisées : de 1 160 à 2 130 euros pour une personne seule par exemple.

Le seuil de richesse

Nous avons déterminé le seuil de richesse en multipliant par deux le niveau de vie médian. On considère comme « riche » une personne seule qui touche plus de 2 860 euros par mois, un couple sans enfant qui vit avec plus de 5 440 euros, et un couple avec deux enfants au-delà de 7 280 euros. Cette norme n’est ni plus ni moins subjective que celle qui fixe le seuil de pauvreté. Pourtant, elle est bien moins souvent utilisée [2]. Elle a du mal à s’imposer en France où il ne fait pas bon se dire « riche » [3], d’où l’expression de « classe moyenne supérieure » ” comprenant les catégories appartenant parfois aux 5 % les plus riches…

Toutes ces frontières sont discutables, mais l’on ne peut que regretter la pauvreté du débat dans ce domaine. Un assez grand consensus existe pour maximiser le niveau de la pauvreté et minimiser celui de la richesse, en élevant les seuils de ces deux catégories. Les classes moyennes deviennent un fourre-tout bien pratique permettant de rassembler des catégories sociales très hétéroclites.

Avertissement
Ces données portent sur des moyennes pour la France métropolitaine, tous âges confondus. Pour s’approcher encore plus près de la réalité des niveaux de vie, il faudrait prendre en compte notamment le coût du logement. Vivre avec 2 700 euros pour un couple sans enfant (niveau de vie médian) n’est pas équivalent à Paris ou Aurillac dans le Cantal. Ces 2 700 euros ne représentent pas le même train de vie si le couple dispose d’un logement dont il a achevé de rembourser les échéances que s’il doit payer un loyer.

[1] Médian : qui sépare l’effectif des ménages en deux, la moitié gagne moins, la moitié davantage.

[2] « Voir qui est riche en France ? », Louis Maurin, Alternatives Economiques n° 153, novembre 1997.

[3] Ce qui est l’inverse aux Etats-Unis.

Ce contenu a été publié dans Etudes et chiffres, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.