La stabilisation du chômage est liée surtout au découragement des chômeurs

Print Friendly, PDF & Email

Un article de Guillaume Duval (Alternatives Economiques)

L’Insee vient de publier les résultats de l'”enquête emploi” pour le second trimestre 2013. Au delà du simple taux de chômage ces chiffres permettent de comprendre la dynamique d’ensemble du marché du travail. Ils font notamment apparaître que la stabilisation actuelle du chômage n’est pas liée à un redémarrage de l’emploi mais plutôt à une baisse des taux d’activité, c’est à dire de la part de la population d’un âge donné qui a ou cherche un emploi.

Ainsi aujourd’hui seuls 94,1 % des hommes de 25 à 49 ans ont ou cherchent un emploi alors qu’il y en avait 95,4 % en fin 2008. S’il y avait aujourd’hui autant d’hommes sur le marché du travail qu’en 2008, il y aurait 90 000 chômeurs de plus dans cette tranche d’âge et le taux de chômage global y serait de 10 % au lieu de 9,4 %. Ce retrait du marché du travail est un phénomène classique des temps de crise mais il oblige à relativiser la stabilisation du chômage observée actuellement.

Ce phénomène est particulièrement marqué chez les jeunes. Depuis 2009 le pourcentage des jeunes de 15 à 24 ans qui ont ou cherchent un emploi, déjà bas à l’époque, a encore diminué de 2,5 points. S’il y avait aujourd’hui la même proportion de jeunes qu’en 2009 sur le marché du travail il y aurait dans cette tranche d’âge 69 000 chômeurs de plus et le taux de chômage y serait de 26,5 % au lieu de 24,6 %. C’est surtout chez les jeunes que le chômage a reculé ces derniers mois mais là plus encore qu’ailleurs ce recul s’explique par le retrait du marché du travail. Une évolution d’autant plus inquiétante que le gouvernement entend dans le même temps porter à 43 ans la durée minimale pour bénéficier d’une retraite à taux plein.

Guillaume Duval
Alternatives Economiques n° 327 – septembre 2013
Ce contenu a été publié dans Etudes et chiffres, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.